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évènement / 18.01.23

Bonne année 2023 !

18.01.23

Crédits : Studio Ghibli
 

 

 

Il y a une tradition au Sens de la Ville : nos vœux font appel à notre culture ciné.

Pour ce billet de rentrée 2023, nous avons pioché dans l’imaginaire du studio Ghibli…

En 2023, le sens de la ville… c’est encore et plus que jamais la transition !

 

Alors nous poursuivons avec l’émergence de lieux, d’usages, des propositions de montages opérationnels pour accélérer la transition écologique mais aussi la nécessaire adaptation au dérèglement climatique. 

 

En 2022, comme beaucoup d’entre vous, nous avons été saisis : après un été brûlant, quelques semaines glaciales au début de l’hiver ont enclenché un état de vigilance accru quant à nos consommations d’énergie… jusque dans la température de nos bureaux. À nouveau, en ce début 2023 aux températures si douces, il devient difficile de répondre légèrement à la simple question « comment ça va ? » … sans penser à l’effondrement de la biodiversité, à la raréfaction des ressources naturelles, au dérèglement climatique désormais si sensible. 

 

Ce n’est pas nouveau : le champ de l’urbanisme est profondément concerné par la “transition”. Entre leur consommation énergétique et les matériaux utilisés pour leur construction, les bâtiments représenteraient aujourd’hui 37 % de nos émissions de gaz à effet de serre (selon un rapport du programme des Nations unies pour l’environnement). Alors que les architectes et bureaux d’études environnementaux sont directement associés à cet enjeu, nous autres urbanistes - programmistes ne sommes pas toujours les premiers interpellés..

Et pourtant… pour reprendre une présentation de Zefco et Une autre Ville au Réseau National des Aménageurs (RNA), cycle 2022 : la programmation est bien le premier vecteur de décarbonation de l’aménagement !

 

L’immense défi serait celui des “modes de vie”, des “usages” : des modes de vie dont on dit volontiers qu’ils sont lents à changer, ingouvernables, non prescriptibles… mais dont on sait qu’en temps de crise, ils peuvent changer radicalement, du jour au lendemain. 

Et si le champ de la construction “fait sa part”, il n’en reste pas moins inscrit dans un cadre posé par la programmation et par une certaine expression des besoins, traduite dans une donnée d’entrée capitale : la surface.

 

Alors, qu’est-ce qu’on peut faire et comment on fait ? En ce début 2023, nous esquissons des pistes de réponses, et sans doute autant de questions : à partir de ce que nous faisons déjà, en ouvrant grand les yeux sur ce que nous ne faisons pas encore… et avec l’aide précieuse des films des studios Ghibli !

 


Alors ? Comment on écrabouille notre empreinte carbone ?



De nouvelles régulations pour plus de solidarités

 

Des rez-de-ville pensés comme des communs de quartier 

 

Nous poursuivons nos missions pour faire émerger, grâce à des montages opérationnels ad hoc, d’autres occupations à rez-de-chaussée… plus variées et propices à des modes de production, de partage et de consommation éthiques et solidaires. Base Commune, la foncière solidaire de rez-de-chaussée que nous avons créée avec Plateau urbain, est désormais l’un des outils opérationnels à l’œuvre pour faire advenir ces rez-de-ville. 

 

Des rez-de-chaussée à impact pour travailler, consommer, produire “responsable” : 

avec notre foncière Base Commune et les études que nous menons à La Courneuve, Choisy-le-Roi, ou sur la Plaine de l’Ourcq pour la mise en place de rez-de-chaussée actifs 

 

Des centrales de mobilité, pour se déplacer moins mais mieux :
à Paris, dans le cadre de notre accompagnement de RATP Solutions Ville pour la conception et le montage de “Centrales des Mobilités” favorisant les modes doux  

 

Des activités productives en ville 

 

Le ZAN signe la fin d’une consommation effrénée de la ressource “sol”, des espaces verts sont réclamés pour supporter les étés urbains : raison de plus pour définir avec justesse à quels usages dédier les espaces que l’on se résout à bâtir. Maintenir des activités en ville, c’est possible même  quand le foncier se raréfie : notre rapport de recherche sur le sujet est en cours de finalisation, avec Alphaville et le LabUrba ! 

 

Des activités économiques “ZAN compatibles” :
à Lormont, dans le cadre de notre réflexion sur le renouvellement d’une zone d’activités vieillissante

 

Des lieux d’intérêt collectif, et des structures pour les porter sur le long terme :
à Nantes avec notre mission de programmation et de montage pour l’avenir du tiers lieu “le Solilab”, ou pour faire émerger un nouveau tiers lieu culturel à Rouen 



Construire moins, (ré)utiliser mieux

 

Des occupations temporaires pour construire moins de m2 

 

Dès lors qu’il s’agit de surfaces à programmer, tous les paradoxes se confrontent : « Il y aurait 3 millions de logements vacants en France et 8 millions de logements sous-occupés dans la définition de l’Insee. Si on remplissait tout ça, on pourrait loger 12 millions de personnes en plus sans construire un mètre carré » (1), 4,4 millions de m2 vacants de bureaux (selon l’Institut Paris Région) rien que pour l’Ile-de-France, et des milliers d’équipements scolaires et de bureaux vides le soir et le week-end… et la situation de la vacance ne va pas aller en s’améliorant, avec le décret tertiaire et l’interdiction de louer les logements les plus énergivores. 

 

L’énergie que nous mettons dans la promotion des occupations temporaires, pour convaincre propriétaires et maîtres d’ouvrage des multiples externalités positives de l’urbanisme transitoire, est souvent autant de carbone non consommé à bâtir. Car tester, préfigurer grâce aux occupations intercalaires, c’est souvent à la fois repousser l’acte de bâtir mais surtout ajuster au mieux les surfaces programmées à bâtir. Encore une spéciale dédicace à Plateau Urbain, avec qui nous avons le plaisir de partager désormais une antenne de nos bureaux : nous avons en effet pris quelques m2 à la Césure, la nouvelle occupation transitoire dans les anciens locaux de la Sorbonne Nouvelle à Censier-Daubenton. 

 

Partager les espaces pour mieux les occuper 

 

Par ailleurs, nous cherchons à déployer des montages et des gouvernances facilitant toutes formes de partage d’espaces.

 

Quand trop de mètres carrés sont vacants ou sous-utilisés, l’hybridité, la chronotopie, la réversibilité… ne sont pas des mots vains. Utiliser mieux les bâtis, c’est aussi construire moins. Plusieurs de nos missions nous conduisent aujourd’hui à accompagner l’émergence de lieux que l’on pourrait qualifier d’ « immobiliers d’intérêt collectif », souvent occupés par des acteurs de l’économie sociale et solidaire, toujours pris dans des dynamiques collectives et de partage.

 

Nous savons pourtant combien les habitudes héritées, les méthodes de dimensionnement, les aspirations à “couper le ruban”, mais aussi les besoins en spécialisation des espaces, les contraintes réglementaires ou les polices d’assurances… peuvent en venir à bout. Ici aussi, il faut regarder “sous le capot” du projet urbain : pour comprendre ce qui fait blocage, trouver les bons leviers - et faire de la programmation, de plus en plus, une pratique de “re-programmation”... sans confondre sobriété et austérité (2).



 

Des re-programmations… sans démolition :
avec notamment notre contribution au projet de reconversion de l’ancien siège de l’AP-HP, en face de l’Hôtel de Ville à Paris, en logements sociaux, avec un socle actif, solidaire, créatif et de proximité 

 

Des lieux chronotopiques, qui changent d’identité au fil de la journée :
un lieu pour des milliers d’usages, selon les heures, les jours, les saisons ! Une réflexion que nous menons dans toutes nos missions, et que nous partageons avec nos partenaires Vraiment Vraiment (3)




Faire bouger nos imaginaires…

 

 

Le temps des bouleversements environnementaux s’impose au fil des ans comme un temps de l’urgence, face auquel le temps de l’urbain - et a fortiori celui de la programmation - semble condamné à toujours être en retard. Formulons un pari : celui que la programmation peut être l’occasion de prendre un temps d’avance… 

 

Lentement mais sûrement, la bataille de la conviction est en train d’être gagnée : 58 % des Français sont maintenant persuadés qu’on va devoir changer de manière importante nos modes de vie . Cela rend plus aisée la tâche de faire contribuer sur la manière dont “on vivra demain”(4), et sur la manière dont nous devons travailler nos projets urbains en conséquence. En se confrontant avec sérieux aux scénarios dessinés par les scientifiques ; et en essayant d’y construire des perspectives réjouissantes malgré les légitimes motifs d’inquiétude.

 

Explorer les futurs possibles et se préparer au changement…
comme nous le faisons notamment sur le quartier Bongraine à Aytré

 

Et surtout, sans attendre ces hypothétiques futurs, nous en sommes convaincu.e.s : le changement… ça peut être maintenant ;) En essayant quelque chose de nouveau, en vivant une expérience forte, en prenant part à un projet collectif, on n’est pas à l’abri de changer ses habitudes pour toujours : c’est tout l’espoir que nous plaçons dans les démarches d’urbanisme transitoire.

 

Des petites expérimentations collectives pour préfigurer des grandes mutations
au travers de nos nombreuses missions d’activation de friches : dans le quartier Python-Duvernois à Paris, ou encore sur une friche nue à Colombes.



… et dialoguer (aussi) avec les non-humains ?

 

 

C’est notre biais de programmistes : nous sommes passionnés par la vie en ville, et par la vie des humains. Notre pratique est héritière d’un champ professionnel - et d’un modèle culturel - qui considère que la ville et la vie humaine sont construites indépendamment de la “nature”... voire en opposition à elle.

 

Mais ça voudrait dire quoi, programmer “aussi” pour et avec les non-humains ? leur apporter des lieux et des conditions pour qu’ils puissent habiter ? leur accorder une visibilité, une existence, dans les processus décisionnels ?
C’est une question que nous souhaitons désormais approfondir : par exemple, en prenant davantage en considération la biodiversité présente sur nos friches “en transitoire”... affaire à suivre !

 

En attendant, en 2023, nous nous réjouissons de poursuivre ces réflexions (et ces propositions !) avec nos complices, partenaires, maîtres d’ouvrages, co-traitant.e.s. Un grand merci à eux et elles… et encore bonne année à toutes et tous !

 

 

 

… Allez ! Au boulot !

 

Ressources :

(1) Philippe Bihouix pour Le Monde, le 27/12/22  « La technologie a trop d’impact sur la planète pour être la solution à la crise du climat », suite à la publication de l’ouvrage dont nous ne saurions trop recommander la lecture : La ville stationnaire. Comment mettre fin à l’étalement urbain, par Philippe Bihouix, Sophie Jeantet et Clémence De Selva, Actes Sud 2022.

(2) https://partieprenante.com/saurez-vous-faire-la-difference-entre-sobriete-et-austerite/ 

(3) Lien vers le post Linkedin de Vraiment Vraiment

(4) D’après le baromètre des représentations sociales du changement climatique de l’ADEME : https://librairie.ademe.fr/changement-climatique-et-energie/4998-representations-sociales-du-changement-climatique-22-eme-vague-du-barometre.html

 

Crédits : Studio Ghibli, réalisation Hayao Miyazaki

1984 : Nausicaä de la Vallée du Vent

1986 : Le Château dans le ciel

1988 : Mon voisin Totoro

1989 : Kiki la petite sorcière

2001 : Le Voyage de Chihiro

2004 : Le Château ambulant

2013 : Le vent se lève