Hier, jeudi 17 décembre 2015, Paris et une vingtaine de communes du nord-est au sud-est de la capitale donnaient naissance à l’ »Arc de l’Innovation ». Ca se passait à « Ici Montreuil » un tiers lieu associant coworking et espaces de fabrication artisanale et numérique.

L’arc de l’innovation ? C’est à la fois une plateforme numérique, un label, des outils de promotion, un effacement du périphérique, une unité de lieux, des moyens (la Caisse des dépôts a débloqué une première enveloppe de 600 millions d’euros) … et un nouveau périmètre d’appel à projets innovants !

Jean-Louis Missika a annoncé que 2016 devrait être l’année de deux nouveaux grands appels à projets : celui de l’Arc de l’innovation et « Réinventer la Seine et ses canaux » (avec Rouen et Le Havre).

La méthode devrait être en partie réinventée elle aussi. Décidemment, la fabrique urbaine continue de défricher de nouveaux terrains collaboratifs. Nous ne sommes pas arrivés au bout de cette quête de méthodes nouvelles pour fabriquer la ville ensemble.

Le Sens de la Ville publie un papier à ce sujet dans le prochain numéro de La Revue foncière. En voici quelques extraits :

« On dénonce cette fabrique urbaine prescrite parce qu’elle produit une ville déjà périmée : quand la ville « nouvelle » est livrée, elle n’est déjà plus de son temps, a fortiori quand les évolutions semblent être de plus en plus rapides. On critique ainsi ce modèle pour son inertie et son incapacité à accompagner une société de plus en plus mouvante et incertaine, dont les modèles économiques et les acteurs traditionnels sont partout bousculés.

(…)

La fabrique urbaine nous paraît dès lors être aujourd’hui sous le feu d’une injonction paradoxale :

> d’un côté: satisfaire les besoins de liquidité de portefeuilles immobiliers qui exigent la clarté rassurante de la forme standardisée.

> de l’autre: suivre (voire anticiper) des évolutions sociales qui tendent à déspécialiser les espaces pour les rendre plus polyvalents, mutualisés et sur mesure;

Ces deux chemins que tout oppose a priori empruntent pourtant le même mode de dévolution : l’appel à projets urbains innovants.

 

 

(…)

La ville est un carrefour d’innovations, théâtre où se croisent des champs de recherche de tous horizons : énergies, mobilités, économie circulaire, économie de la fonctionnalité, traitement de l’eau, agriculture urbaine, financements participatifs, etc.

Ces enjeux sont de plus en plus nombreux, complexes et interconnectés: les cahiers des charges s’étoffent de nouveaux chapitres sur la production locale d’énergies renouvelables, sur les innovations en matière de stationnement mutualisé, sur les incitations à développer l’économie circulaire, etc.

Les acteurs à intégrer dans le projet sont à la fois de plus en plus nombreux et variés. Un survol des équipes de Réinventer Paris laisse entrevoir cette diversité: cuisiniers, associations caritatives, philosophes ou boulangers.

Il y a là une dé-sectorisation assumée de la chaîne immobilière, les acteurs traditionnels étant explicitement poussés à travailler avec des entreprises venues d’horizons différents.

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on observe qu’il se passe au moins autant de choses dans l’après consultation qu’au cours de la consultation elle-même. Les équipes formées pour Réinventer Paris ont prolongé parfois un travail partenarial au-delà de la consultation. Ce second temps ouvre alors d’autres perspectives, au plus long cours, chacun étant amené à faire un pas de côté par rapport à sa pratique professionnelle habituelle. »

A suivre … et à lire en janvier 2016 !